Après bien des discussions, correctifs, lois de finances rectificatives, nous disposons enfin d’une vision exhaustive de ce que devrait être la fiscalité applicable durant quelques mois ; avant probablement de nouveaux correctifs pré et/ou post échéances électorales. Tour d’horizon …
IMPÔT SUR LE REVENU
Instauration d’une contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus :
Une contribution au taux de 3% (portant le taux maximal d’imposition à 44 %) à compter de 2012 s’applique lorsque le revenu fiscal de référence perçu en 2011 est compris entre 250 000 euros et 500 000 euros pour les contribuables célibataires, veufs, séparés ou divorcés et à la fraction comprise entre 500 000 euros et 1 000 000 euros pour les contribuables soumis à imposition commune.
Le taux est porté à 4% au-delà de 500 000 euros pour les contribuables célibataires, veufs,… et 1 000 000 euros de revenus pour les contribuables soumis à imposition commune
Baisse des avantages fiscaux attachés aux investissements immobiliers :
Concernant le dispositif Scellier
Avant sa disparition programmée pour 2013, le dispositif voit ses avantages réduits et son domaine d’application modifié.
- le dispositif est désormais ouvert aux logements remis à neuf, réhabilités ou transformés par le vendeur avant l’acquisition et à la condition exclusive que le logement soit conforme à la norme BBC (bâtiment basse consommation) ;
- Si le plafond de déduction reste fixé à 300 000 euros, il est instauré un plafond par mètre carré en fonction de la localisation du logement ;
Les taux de réduction d’impôts sont désormais fixés :
à 13% du prix de revient étalé sur 9 ans pour les logements BBC acquis ou construits en 2012 à 6% pour les logements non BBC acquis en 2012 à la condition que la demande de permis de construire ait été déposée avant le 31 décembre 2011.
Concernant le dispositif Censi-Bouvard
Le taux de réduction est réduit à 11% pour les logements acquis :
- au sein de certaines structures (EHPAD, résidences avec services pour étudiants…),
- neuf ou en l’état futur d’achèvement ou achevé depuis au moins quinze ans ayant fait l’objet ou faisant l’objet de travaux de réhabilitation ou de rénovation, en vue de sa location meublée, en 2012.
Ce dispositif doit prendre fin en 2015.
Concernant les investissements « Malraux »
Les dépenses réglées à compter de 2012 ouvrent droit à une réduction dont les taux ont été minorés pour être portés à :
- 22% quand l’immeuble est situé dans une Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain ou Paysager ;
- 30% quand l’immeuble est situé dans un secteur sauvegardé ou un quartier ancien dégradé.
Notons quand même que ce nouveau rabot de 15% appliqué en 2012, qui vient après celui de 10 % voté en 2011 ne concerne pas : l’avantage fiscal pour l’emploi d’une aide à domicile ; le crédit d’impôt au titre des frais de garde des jeunes enfants ; la réduction d’impôt pour investissement locatif dans le logement social outre-mer.
Plafonnement global des niches fiscales :
Un nouvel abaissement du montant total des réductions d’impôt est réalisé à compter de 2012. Ainsi le plafonnement est limité dorénavant à 18 000 euros + 4 % du revenu imposable au barème progressif (au lieu de 6 % auparavant).
Revenus de capitaux mobiliers :
- Le taux du prélèvement forfaitaire libératoire applicable sur option du contribuable est porté 21% (au lieu de 19 %) pour les revenus d’actions (dividendes)
- Le taux du prélèvement forfaitaire libératoire applicable sur option du contribuable est porté à 24% (au lieu de 19 %) pour les produits de placements à revenu fixe (obligations, comptes à terme, livrets d’épargne…)
Prélèvements sociaux pris en compte, le taux d’imposition global passe donc respectivement à 34,5 % pour les dividendes et 37,5 % pour les revenus obligataires, livrets…
La souscription au capital de PME :
Les conditions pour bénéficier d’une réduction de l’impôt sur le revenu au titre des souscriptions en numéraire au capital initial ou aux augmentations de capital des PME ont été modifiées. Par ailleurs les plafonds de versement ont été revus.
Ainsi pour bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu les prises de participation du contribuable doivent intervenir dans des entreprises :
- créées depuis moins de 5 ans ;
- employant moins de 50 salariés ;
- réalisant un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros au cours de l’exercice ;
- en phase d’amorçage, de démarrage ou d’expansion au sens des lignes directrices européennes concernant les aides d’Etat visant à promouvoir les investissements en capital-investissement dans les PME.
Concernant le plafond d’investissement celui-ci passe à 50 000 euros (au lieu de 20 000) pour une personne seule et à 100 000 euros (au lieu de 40 000) pour une personne mariée et le crédit d’impôt est limité à 18 % du versement (au lieu de 22 % auparavant).
IMPÔT SUR LES PLUS-VALUES
Lors de la cession d’un bien immobilier :
Les cessions de biens immobiliers réalisées à compter du 1er février 2012, voient leurs plus-values taxées plus lourdement.
Sont exclues de cette mesure et exonérées :
- la vente d’une résidence principale,
- la cession d’un immeuble, lorsque le cédant n’a pas été propriétaire de sa résidence principale et remploie, dans un délai de deux ans, le produit dans l’acquisition de sa résidence principale et aux conditions suivantes :
¤ l’exonération s’applique à la première cession réalisée par le contribuable ;
¤ le cédant ne doit pas avoir été propriétaire de sa résidence principale, directement ou par personne interposée au cours des quatre années précédant la cession.
Jusqu’au 1er février 2012, les plus-values étaient exonérées lorsque l’immeuble était détenu depuis plus de quinze ans, par application d’un abattement de 10 % par année de détention au-delà de la cinquième. Dorénavant l’abattement sera calculé de la manière suivante :
- 2% par an entre 6 et 17 ans,
- 4 % par an entre 18 et et 24 ans,
- 8 % entre 25 et 30 ans.
Notons que, sauf si le contribuable est soumis à l’impôt sur la fortune, le cédant domicilié en maison de retraite depuis moins de deux ans bénéficie d’une exonération lors de la cession de son ancienne résidence principale à la condition que le logement soit resté vide.
Lors de la cession de titres :
Les cessions d’actions (et de titres assimilés) réalisées en 2012 sont soumises à un droit d’enregistrement NON PLAFONNE dont le taux est fixé à :
- 3% pour la fraction d’assiette inférieure à 200.000 euros ;
- 0,5 % pour la fraction comprise entre 200.000 euros et 500 millions d’euros ;
- 0,25 % pour la fraction excédant 500 millions d’euros.
Le régime des cessions de parts sociales n’est pas modifié.
Lors de la cession de valeurs mobilières et de droits sociaux :
Avant même que les contribuables aient pu en bénéficier, l’abattement pour durée de détention sur les plus-values de cession d’actions ou de parts sociales, instauré par la Loi de finances pour 2006, est abrogé ! Les plus-values seront taxées en totalité à l’exception de l’abattement spécifique concernant les cessions de titres réalisées par les dirigeants de PME suite à leur départ en retraite qui reste applicable jusqu’au 31 décembre 2013.
En contrepartie, le mécanisme du report d’imposition sur demande expresse du contribuable est instauré aux conditions suivantes :
- les titres doivent être détenus par le cédant de manière continue depuis plus de 8 ans ;
- les titres, détenus directement ou indirectement, correspondent à au moins 10% des droits de vote ou droits dans les bénéfices sociaux de la société ;
- le produit de cession doit être réinvesti dans une autre société dans un délai de 36 mois et à hauteur de 80% du montant de la plus-value nette des prélèvements sociaux dans la souscription en numéraire au capital initial ou dans l’augmentation du capital en numéraire d’une société ;
- le contribuable, son conjoint, leurs ascendants et descendants ou leurs frères et sœurs ne doivent ni être associés de la société préalablement à l’opération d’apport, ni exercer de fonctions de direction depuis sa création et pendant une période de cinq ans suivant la date de réalisation de l’apport .
A noter :
* Les prélèvements sociaux ne bénéficient pas du report d’imposition.
* En cas de non-respect d’une de ces conditions, l’impôt sur la plus-value devient immédiatement exigible, assorti d’un intérêt de retard.
Si les titres reçus en contrepartie de l’apport sont conservés plus de 5 ans (sauf licenciement, invalidité, décès du contribuable ou de son conjoint, liquidation judiciaire de la société ayant bénéficié de l’apport) la plus-value en report d’imposition est exonérée définitivement.
DROITS DE MUTATION À TITRE GRATUIT
Délai de rapport des donations antérieures :
Le délai durant lequel les donations sont rapportables pour le calcul des droits de mutation est porté de 6 ans à 10 ans.
Ainsi par exemple, un contribuable bénéficiait tous les 6 ans d’un abattement de 159 325 euros lorsqu’il faisait une donation à un enfant. Il devra attendre dorénavant 10 ans pour récupérer cet abattement. Une donation complémentaire entre 6 et 10 ans auparavant exonérée deviendra taxable.
Suppression de la réduction de droits :
Dans l’hypothèse où la donation dépassait le seuil d’abattement et se trouvait soumises aux droits de mutation, une réduction de droits de 35 à 50 % était appliquée. Cette réduction est aujourd’hui supprimée.